Partir en pèlerinage ...

Partir en pèlerinage c'est accepter de lâcher ce que l'on a pour accueillir ce qui nous est donné

Lourdes 2011



LOURDES : Pèlerinage 2011




Pour la troisième année consécutive, des élèves du collège se sont rendus à Lourdes. Cette année, la proposition a été faite essentiellement aux classes de quatrième. Sur 32 élèves, une dizaine avait déjà fait le déplacement, parfois plusieurs fois. Mais l'expérience spirituelle que chacun a pu vivre avait pour tous, éduqués dans la foi chrétienne ou pas, un goût de nouveauté. Le rythme a été soutenu : entre les Laudes à 7H30 et la veillée, les jeunes ont partagé leur temps entre visite, célébrations, temps de détente ou de repas.





Le mercredi

Le voyage s'est déroulé dans la bonne humeur et le chant. En effet, un groupe d'adultes s'est joint aux élèves dans le bus pour vivre ensuite leur pèlerinage chez les Dominicaines apostoliques alors que nous sommes accueillis au monastère des dominicaines contemplatives. Seule ombre au tableau : la mauvaise idée de l'organisatrice qui décide de veiller sur nos portables nuit et jour, nous laissant le soin de les activer une seule heure par jour, et après une forte insistance de leur propriétaire. Dès notre arrivée au monastère, nous entrons presque tout de suite en pèlerinage par une célébration où chacun a été invité à se laisser rencontrer par Dieu. Et comme il est difficile de ne pas le voir ou de ne pas l'entendre comme nous entendrions un ami, nous lui avons écrit une lettre ouverte et reçu en échange une Parole biblique. Puis nous nous sommes préparés pour la tant attendue procession mariale auxsanctuaires ... qui s'est transformée, grâce (ou à cause) d'une pluie abondante, en projection du film sur Bernadette, ce qui a permis à tous de se remémorer l'histoire des apparitions.


Le jeudi, journée intense Marie m'a choisie car j'étais la plus pauvre

Visite des lieux porteurs du message de Lourdes :

L'église paroissiale où est conservé le baptistère où a été baptisée Bernadette. A cette occasion nous prions pour que nous laissions jaillir la fontaine de grâce reçues à notre propre baptême.



Le cachot où la famille de Bernadette vivait au moment des apparitions. Et là nous découvrons un Dieu préférant, comme Jésus le faisait, les pauvres, les rejetés, les "non-enviables". Il n'a donc pas peur de mes pauvretés, de mes saletés intérieures, de ce qui fait que mon coeur n'est pas que beau, aimant, rayonnant de joie ou de paix.




L'hôpital où les soeurs de Nevers, dévouées aux pauvres et aux malades, ont recueilli Bernadette après les apparitions pour la préserver des curieux et de la misère dans laquelle vivait toujours sa famille. C'est le lieu où Bernadette a pu faire enfin, à 14 ans, sa première communion et où elle a discerné sa vocation religieuse. Nous avons pris un temps dans la chapelle de l'hôpital pour tenter de comprendre ce qu'est la messe ou plutôt l'eucharistie, celle que nous avons vu quelques instants plus tard à la basilique du rosaire. La messe est toujours un peu compliquée pour la plupart d'entre nous ; nous avons cependant pris conscience qu'elle n'est pas une obligation morale mais un rendez-vous avec Dieu où Il attend que nous lui offrions le monde pour qu'Il puisse l'habiter.


Messe à la basilique du rosaire où beaucoup seront surpris de trouver autant de monde et dans un grand recueillement. Attitude irréprochable de notre groupe que certains moins jeunes viendront féliciter. La grotte dont la configuration est une catéchèse que Marie nous offre pour inviter les chercheurs de Dieu à se tourner vers son fils. Découvrir la grotte c'est d'abord être patient. Très patient. Attendre en priant une dizaine de chapelet. Puis le lieu de l'apparition où a été placée une statue de la Vierge. Chacun peut prier, toucher le rocher, symbole du Christ sur lequel nous pouvons appuyer notre foi. Le lieu de la grotte aussi nous apprend quelque chose de la vie spirituelle. Il était, avant les apparitions, un lieu sale où étaient gardés les cochons. Dans ce lieu repoussant, Bernadette va, sur les indications de la Dame, creuser dans la boue d'où jaillira une source d'eau claire (l'actuelle source "d'eau de Lourdes). Après autant de marche et de prière, le pique-nique est le bienvenu.






Après autant de marche et de prière, le pique-nique est le bienvenu.


Puis le chemin de croix commence au sens propre comme au sens figuré. Il fait chaud, même lourd et ce chemin de croix de la colline monte péniblement. La récompense se trouve en haut de la colline, pas précisément à la station de la résurrection. Une fois en haut, particulièrement recueillis devant la station où Jésus remis l'Esprit, une pluie aussi abondante que les demandes des élèves pour récupérer leur portable, s'abat sur nous pour nous rafraîchir après autant d'efforts. Nous courrons donc vers les sanctuaires, impatients de vivre le sacrement de réconciliation auxquels nous avons été conviés.


Pour les non volontaires, visite des basiliques dont la grandeur fait contraste avec nos églises paroissiales. Nous quittons les sanctuaires pour un moment puisque nous reviendrons ce soir pour la procession mariale. Remontée au monastère, goûter puis détente avant un temps de relecture sur les évènements de notre journée. Pendant le repas, la météo continue ses caprices. La procession aux sanctuaires devient donc une invitation à nous joindre aux soeurs dominicaines pour leur dernier office de la journée. C'est un moment impressionnant que cette rencontre où les échanges sont silencieux. Petite veillée jeux.



Le vendredi L'espérance de pouvoir renaître


Nous ne descendons pas aux sanctuaires et allons rencontrer les membres d'une communauté peu ordinaire. Le Cénacolo est une communauté de personnes victimes d'addictions, principalement à la drogue. L'accueil est chaleureux, le témoignage est percutant. Il n'y a pas de drogues douces, pas même l'alcool. Ces vies souvent brisées, nous ont permis de comprendre que même au fond du gouffre, l'homme peut espérer revivre à nouveau. Les propos de ces jeunes sont simples, profonds et nous rappellent comme un goût de la fête de Pâques, de la résurrection.



L'après-midi nous retournons aux sanctuaires pour un autre moment fort. Le groupe se sépare : un petit groupe choisit de découvrir l'adoration eucharistique, le reste part aux piscines. Pour les uns comme pour les autres, ces démarches de prière ont fortement interpellé leur vie spirituelle. Chacun à sa façon se sera laissé rejoindre par ce Dieu dont quelques uns affirment encore avoir des doutes sur son existence. Mais se poser la question n'est-il pas déjà un acte de foi ? Achats en ville et dernier passage à la grotte pour présenter à Marie toutes les personnes qui nous ont confié leurs intentions de prière. Retour au monastère, temps de relecture et de détente et préparation pour la procession mariale du soir. Finalement, il pleut et nous devrons définitivement y renoncer. Bizarrement, nous avons pratiquement oublié nos portables.




Le samedi Etre bien dans son coeur, être bien dans son corps Après un travail dynamique de rangement nous nous retrouvons à la chapelle du monastère pour une expérience peu ordinaire de prière du corps. Vieille de 800 ans, cette façon de se tourner vers Dieu a été élaboré par St Dominique, fondateur de l'ordre religieux qui nous accueille. Certaines étapes nous surprennent mais nous prenons doucement conscience que tout notre être est fait pour la rencontre avec Dieu. Nous rencontrons ensuite Soeur Marie-Isabelle qui nous aide à comprendre son choix de vie.





Puis l'heure du retour sonne et après le repas nous remercions Soeur Anne-Myriam et son équipe qui nous ont si chaleureusement accueillis. Nous retrouvons avant de quitter Lourdes le groupe d'adultes que nous n'avons pas vu depuis mercredi. Étonnement, l'ambiance avec eux est la même que dans notre groupe, la joie d'avoir vécu quelque chose de fort dans un lieu pas ordinaire. Une heure avant notre arrivée à Rognonas, dernier moment fort : nous retrouvons nos portables ... tient, c'est drôle, nous avons survécu à 4 jours sans eux !!!


Il était surprenant de constater lundi matin que l'euphorie qui animait notre bus samedi soir flottait toujours un peu dans la cour du collège. C'est peut-être ainsi que toutes les grâces reçues pendant ce pèlerinage se transmettent par contagion à toute notre communauté éducative.